Il est généralement reconnu que le culte des ancêtresest enraciné dans les institutions de las famille et de laparenté. Partout où le culte des ancêtres estobservé, l'assemblée des fidèles est définieselon les critériums de parenté et de descendance. Un élement de première importance, c'est que lesancêtres, à qui le culte s'adresse dans une situationparticulière, sont surtout et souvent uniquement ceux qui appartiennentexclusivement au groupe des fidèles, et le distinguent parconséquent, de groupes collatéraux semblables. Ce faitest bien démontré par les systèmes segmentairesde lignage. Le culte des ancêtres sert ainsi de code àune structure sociale ordonnée selon la généalogie. Ce n'est ici qu'un de ses aspects, quoiqu'un aspectimportant, puisqu'un ancêtre ne rests l'objet d'unculte que tant qu'il existe des descendants de la classe généalogiqueproprement dite.
Il y a eu confusion parce que d'habitude le culte des ancêtresn'a pas été distingué du culte des morts. Pour cette raison sa signification a été cherchéedans les croyances et les attitudes concernant la mort, la vie future,l'âme, les revenants, et d'autres élémentssurnaturels du culte.
Si l'on examine les données ethnographiques pourtant,on constate qu'il n'existe pas ou qu'il n'existeque très peu de science ou de dogme concernant la vie future,parmi ceux qui observent le culte des ancêtres en Afrique, etque les dogmes de la personnalité sont en effect des méthodesde représenter les composants du statut en termes symboliques. C'est un fait significatif que la mort et les rites mortuairesne suffisent pas pour conférer le rang d'ancêtre. Pour cela il faut des rites spécifiques qui ont pour but deramener le mort et de la réinstaller comme ancêtre dansla famille et dans le lignage. D'ailleurs ce n'est pasl'homme tout entier qui est ainsi réinstallé maisplutôt certains des composants de son statut.
Des tribus matrilinéales comme les Ashanti fournissent unexemple instructif de cette tendance. Quoiqu'un pèreait des liens personnels très étroits avec ses enfantset qu'il soit normalement responsable de leur éducation,ce n'est pas lui, mais le frère de leur mère quidevient un ancêtre vénéré. Il faut enconclure que ce ne sont pas ceux dont le souvenir est le plus fortchez leurs dépendants filiaux mais ceux qui exercent sur euxl'autorité juridique légitime, qui sont enchasséset vénérés comme ancêtres. Dans les systèmespatrilinéaux l'élémentm d'autorité chez le père s'unit aux éléments de lasocialisation, pourtant l'analyse montre que seulement ceux quisont investis de la juridiction, soit en tant que parents, soit entant que titulaires, deviennent des ancêtres vénérésdans le culte. Bref, c'est l'élément d'autorité.
La proposition converse prouve la règle. Parmi les Tallensic'est un trait caractéristique que seul le fils ou lesuccesseur a le droit d'officier aux rites du culte des ancêtres,et qu'il ne peut remplir ce rôle que lorsque son pèreou son prédécesseur immédiat est mort ou transforméen ancêtre. Le droit de diriger les rites du culte découlede la succession soit au statut de parent, soit à quelque titre;c'est la conséquence d'avoir atteint à l'autonomiejuridique. Ainsi s'explique le fait que dans les systèmespatrilinéaux, les femmes ne peuvent jamais officier aux ritesdu culte des ancêtres.
Puisque c'est seulement le status juridique investi de l'autoritéet de la responsabilité du parent ou du titulaire qui est perpétuédans le symbolisme du culte des ancêtres, il est ´videntque la personnalité et le caractère moral n'ontrien à voir avec l'entrée dans les rangs des ancêtres. En devenant ancêtres, les méchants ne se distinguentplus des vertueux et les successeutrs iniques ont exactment les mêmesdroits rituels et les mêmes devoirs dans le culte des ancêtresque les vertueux. Ce fait s'accorde avec la loi commune queles ancêtres interviennent dans la vie de leurs descendantsde la même façon, persécutrice en grande partieque ces derniers soient vertueux ou non d'aprés les normeshumaines.
Je conclus que le culte des ancêtres, parmi les tribus quenous considérons, peut être décrit comme un corpsde croyances religieuses, de rites et de régles de conduite,qui sert a renforcer le principe de l'autorite juridique et soncorollaire, le droit légitime, comme in principe de valeurdu système social, qui étant sacro-saint est donc inviolable. Je suggère que ceci se rattache au fait que dans toutes lessociétés on semble reconnaître en quelque sortel'existence pénétrante de las juralité oude la juridiction - l'autorité légitime, peut-être- dans toutes les relations sociales. Le context nucléairepour l'expérience aussi bien pour la transmission de l'autoritélégitime est le rapport des générations successives. Le symbolisme du culte des ancêtres dérive des expériencesde la dépendance filiale et sort à éclaircirle fait que bien que les parents quittent ce monde, l'autoritéet la juridiction dont ils sont investis pendant leur vie, surviventet continuent après leur mort.
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